Buenos Aires

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BUENOS-AIRES

Buenos-Aires...Immense ville perdue dans ces contrées australes, terre du tango, cité au passé glorieux qui a vu débarquer des bateaux entiers d'immigrants venus d'Europe... Et embarquer des milliers de tonnes de métaux précieux !

Lorsque nous avons débarqué, la première impression ne fût pas celle d'un dépaysement marqué. La population d'abord, nous rappelle nos voisins d'europe du sud...et ce n'est pas un hasard. Les "Porteños" (ceux du port, c"est-à-dire les habitants de Buenos-Aires), descendent des espagnols, puis des italiens qui ont formé le gros des vagues d'immigration  débarquées sur le Rio de la Plata au XIXème siècle. L'architecture du centre est aussi parsemé de références au vieux continent ; c'est un peu Madrid sur l'Avenida de Mayo, Paris dans le quartier chic de la Recolata ou encore Naples dans le quartier populaire de la Boca.

Dans les années 40 des capitaux étrangers venaient alimenter le formidable essor de ces terres d'élevage et de culture. Cette époque faste fût immortalisée par le film "Gilda" où Rita Hayworth chante la célèbre chanson "Put the blame on Mamma, Boys..."

Aujourd'hui Buenos-aires s'est transformée en une ville à deux vitesses. Certains quartiers donnent encore l'illusion de la richesse mais la misère se répand à quelques km du cœur de la capitale, dans des maisons de bois et de tôle (les villas miserias) où s'entassent des milliers de laissés-pour-compte.

Le soir venu, la misère sort des rues sous les traits de milliers de "cartoneros" qui trient les poubelles afin de récupérer ce qui est recyclable. Le lendemain matin les ordures ont disparues. Nous n'avons pas pu déterminer s'il existait néanmoins un service  de voirie...

Malgré tout, c'est une ville fascinante et nous n'aurons pas trop de quelques mois pour la découvrir.

Notre arrivée, au prestigieux Yacht Club Argentino ,nous projeta au cœur de la ville. Il se trouve à quelques centaines de mètres du "Puerto Madero", le quartier des docks qui auparavant était mal-famé . A grand renfort de dollars, il fût rénové (fort joliment, ma foi) et maintenant il abrite des restaurants chics et quelques magasins,  mais la promenade est jolie. Ce yacht-club, continue de pratiquer l'amarre de courtoisie c'est-à-dire que pendant quelques jours il offre une hospitalité gratuite à tout bateau arrivant. Ambiance très "british"  et port fermé chaque soir garantissant la sécurité.

Par contre, on voit bien sur les pontons que nous sommes en eaux douces !

Passée la sécurité du "Iate-Cloub" avec gardiens, caméras et signature sur un cahier, on part à la découverte... Et on tombe sur.... des chapeaux de gauchos !

Que je m'empresse de suggérer à mon homme pour qu'il fasse couleur locale, pensais-je, mais peu après nous fûment pris pour des touristes lambda !

 

 

 

 

Coup de bol,  les formalités (fastidieuses, comme partout) nous ont amené dans un des quartiers les plus typiques de la capitale : La Boca, au sud de la ville. C'est là que s'est formé le prolétariat au début du XXème siècle. Il y flotte encore l'image nostalgique du port et les constructions typiques en tôles colorées. Dans la journée, c'est un mélange de Naples et de la place du Tertre ; le soir n'y aller et venir qu'en taxi, le quartier n'est pas du tout sûr. D'ailleurs, les gendarmes qui veillent le déconseillent fortement. Nous sommes à deux pas des "villas miserias" les bidonvilles argentins.                                                                               

     

RETOUR DANS LE CENTRE

Allez, je ne vais pas vous faire le coup de la guide érudite, je vous propose une ballade dans Buenos-Aires, au gré des rues arpentées. En route

 

 

 

La musique est présente partout, de jour comme de nuit, dans les rues quand les musiciens s'installent.

ET LE TANGO ? "C'est une pensée triste qui se danse..".

Au départ, cette danse suggestive à été initiée dans les bordels du port, et bien sûr réprouvée par la bourgeoisie ; puis petit à petit a envahi les salons en s'édulcorant quelque peu...

Maintenant, c'est devenu une institution, les cours pullulent à tous les coins de rue, en salle comme en plein air. C'est très compliqué et ça n'a rien à voir avec le tango de papa que l'on danse chez nous. C'est assez athlétique, mais les jeunes comme les vieux assurent comme des champions. A ce point là, il faut avoir pratiqué depuis l'enfance...

 

 

 

TRANSPORTS

On a  expérimenté le "subte" (métro), 5 lignes desservent cette ville immense et bien évidemment elles ne suffisent plus aux transports quotidiens de ceux qui bossent;  Par contre il vaut le détour : wagons en bois du siècle dernier et faïences peintes qui datent de 1930 et qui sont de fabrication française (cocorico !)

      Quand je vous disais que le Tango est partout !                                                                                     

 

 

ET LA BOUFFE ?

Ah ! la viande d'Argentine, ces beaux boeufs (vaches, cochons) élevés en plein air... Qu'elle est goûteuse et juteuse cette viande. Ce n'est pas un pays fait pour les végétariens ! Et il faut se faire violence pour ne pas manger le gras tellement même lui est délicieux (clin d'oeil à mon toubib préféré qui risque de nous trouver un taux de cholestérol  légèrement plus élevé qu'au retour d'Afrique !).

Ils ont essayé l'élevage en batteries... Échec, les consommateurs n'en voulaient pas ; et puis ils ont tellement d'espace pour les pâturages. Il n'y a pas si longtemps, sur une place de Buenos Aires, il y avait des abattoirs. Les bouchers écorchaient les carcasses pour récupérer les peaux qui seules avaient de la valeur, la viande restait sur place faisant les délices des chats, chiens et...miséreux.

Quant aux prix (moins chers qu'en Uruguay), compter environ 10 pesos le kilo (2,5 euros) de filet, 8 pesos (2 euros) la côte de boeuf, 6 pesos le porc quelque soit le morceau.

Chez le boucher, commander 2 côtes de porc vous fait passer pour un radin, ici la viande s'achète par kilo. Le matin, les boucheries croulent sous la bidoche, le soir tout est vendu. Incroyable ce qu'il peut s'en manger. Dans les restaurants, mieux vaut prendre une portion pour deux tant que l'estomac ne s'est pas fait aux consommations locales.

Et les restaurants donc, quand on y mange pour 20 pesos (5 euros) le plat, c'est déjà un restau chic. Les légumes sont réduits à leur plus simple expression, difficile de  trouver autre chose que des frites pour accompagner l'asado (viandes de toutes sorte au barbeq), on vous servira éventuellement une salade mixte, en insistant beaucoup. Par contre, on trouve des légumes frais dans toutes les épiceries, l'approvisionnement y est excellent et bon marché.

ET LE VIN ?

Là, pareil que pour la viande : il y a pléthore d'excellents vins et on démarre à 2,5 (0,50 euros) pesos la bouteille de Malbec ou de Bonarda et si vraiment on veut se faire plaisir, on s'achète un Torrontes, le meilleur vin blanc d'Argentine, c'est fruité comme le Gewurstraminer, c'est long en bouche et ça ne coûte que 8 pesos (2 euros) la bouteille. C'est vous dire ce que les importateurs se mettent dans les fouilles avant que ces vins arrivent sur vos tables...

Vous l'avez peut être compris, à ce régime là les kilos perdus au Sénégal sont en train de revenir au grand galop !!

 

 

 

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