Vers le Sud

 

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LA LONGUE ROUTE VERS LE SUD

Tigre - le 25 novembre 2007

Quand nous sommes partis de Tigre, impossible d'orienter le bateau dans le sens de la sortie et vu la largeur de l'arroyo Fulminante, impossible de faire demi-tour. Le courant poussait l'arrière vers la sortie, ce qui fait que nous avons parcouru en crabe quelques centaines de mètres avant de déboucher sur le Rio Lujan.

Navigation jusqu'à Colonia Del Sacramento, que nous avions beaucoup aimé à l'aller, sans histoire et à la voile. Passons une semaine à flemmarder, à jouer les touristes... Et à se faire coller une amende de 200 euros/bateau car il nous manquait un papier de la Préfectura Argentine. On était furieux de s'être fait avoir aussi bêtement et vexés de l'attitude arrogante du séñor Del Rio, nouvellement nommé et qui visiblement tenait à affirmer son pouvoir. Et comme il ne gagne (d'après lui) que 300 dollars par mois, il est évident que pour lui nous sommes riches... On se demande où va réellement passer l'argent (liquide) perçu...

  

Autre désagrément, un méchant coup de pampéro nous est tombé sur le nez, heureusement que les bouées tiennent bien, car dès que le nuage en cigare arrive d'une seconde à l'autre c'est 40 noeuds dans le mouillage. En mer, il faut très vite affaler si on ne veut pas aller au tapis !

 

 

Colonia  - 6 décembre 2007

Au petit jour, nous avons largué la bouée, direction Punta Del Este. 48 heures de navigation sans problème. L'eau recommence à être salée à environ 2 milles avant Montévidéo et les eaux ont repris une couleur plus classique.

Punta Del Este - 8 décembre 2007

Quelques provisions et 3 jours plus tard, départ pour Mar Del Plata, nous voilà partis pour 230 milles de traversée du Rio de la Plata.

A l'embouchure du Rio, on se fait cueillir par une mer très creuse et du vent, on réduit rapidement à 2 ris dans chaque voile.

Le 12 décembre, nous sommes en vue de Mar Del Plata. Chaque arrivée dans un nouveau port est une petite aventure. L'entrée du port est orientée nord-sud. Portés par un vent de nord nous sommes rapidement devant. Un méchant clapot indique qu'il y a une barre en plein milieu, il faut bien serrer le môle pour ne pas trop se faire secouer. Une fois dans l'avant port, on a un peu de mal à repérer le Yacht-Club Argentino dont l'entrée est barré par...Un pont ! Qui heureusement tourne dès qu'il nous voit. L'entrée est étroite (environ 20 m), mais deux places proches nous tendent les bras. Le vent est travers et introduire Ernest entre deux ducs d'albe n'est pas une mince affaire et aurait été bien plus compliqué si l'équipage de FMURR n'avait pas été là pour récupérer les amarres.

 

 

Mar Del Plata - 22 décembre 2007

Seul port de pêche digne de ce nom, Mar Del Plata dispose d'une flotte de bateaux de pêche impressionnante, qui alimente les 200 conserveries locales. Et survivance du temps de la dictature : les coques jaunes sont des bateaux côtiers et les coques rouges ont le droit d'aller au large. Je me perds en conjectures sur le pourquoi

 

 

Par vent de sud une odeur affreuse de poissons pourris envahi de Yacht-club.

On a rapidement compris qu'il s'agissait de l'odeur dégagée par la colonie de 800 lions de mer qui séjournent dans le port à l'année. P.... qu'est-ce que ça pue ! Sous leur vent, ils sont inapprochables sans fortes nausées que le pire mal de mer n'occasionnerait pas !

 

 

Mar Del Plata - 22 décembre 2007

Nous sommes repartis après une semaine passée en dernières courses techniques et approvisionnement maximum. Car dans le sud, il n'y a RIEN et l'avenir démontrera qu'on n'avait pas pensé à tout.

En partant, un vent de travers et une aussière oubliée sous le vent nous fit manquer une sortie élégante du Yacht-Club. On repasse la barre de sortie du port plus confortable par léger vent de sud.

13h30, venons de finir de déjeuner d'un ragoût de mouton délicieux, ce qui va contribuer à lester nos estomacs pour la suite. La capote, fabriquée à Tigre nous protège fort bien des vents glacés du sud. Pour l'instant il fait beau.

Nous voilà en route pour une des mers les plus redoutées du monde. On n'échange que des "ça va ?" tellement notre anxiété est palpable.

En mer - 25 décembre 2007

Trois jours de voyage et quelques peines à s'installer dans le régime des quarts de nuit. D'autant que le deuxième jour, le vent de sud persistant nous oblige à nous mettre à la cape, en plein milieu  du vaste golfe de Bahia Blanca et entre les vents changeants et la marée nous avons été malmenés par une mer confuse pendant 12 heures. Pas vraiment reposant.

 

 

Déjà, on ne quitte plus le harnais, même pour manger.

Aujourd'hui, jour de Noël que nous avons passé devant une choucroute William Saurin, les choses vont mieux. Avons pu dormir dans chacun de nos quarts de dorme et la météo semble annoncer un vent de nord pendant 200 milles. A ce moment, si ça vire mauvais, on pourra toujours s'abriter à Punta Elena ou Caleta Horno pour voir venir

Néanmoins, vu les mouvements du bateau qui roule beaucoup au portant, les actions sont réduites au vital : manger, dormir, évacuer (et encore là, c'est sport quand c'est à la gîte !). Faire autre chose relève de l'exploit car chaque déplacement doit être pensé pour éviter de se retrouver couverts de bleus. Et pour faire à manger, faut que je m'attache et que je vise bien la poêle posée sur la cuisinière qui bouge d'avant en arrière en compensant les mouvements du bateau.

Les nouilles, on les fait à la cocotte-minute car à l'eau bouillante dans une casserole ouverte, ce serait trop dangereux.

 

En mer - 9h30 le lendemain matin.

Jean installe la ligne de traîne dans l'espoir d'améliorer l'ordinaire, car nous reculons le plus possible le moment d'ouvrir les conserves maison. En fait, on pêche surtout... du goéland et l'un d'entre eux fini par embarquer le bas de ligne. Furieux, Jean remballe la ligne et il n'y touchera plus.

Parenthèse de réflexion pendant les quarts de nuit :

Qu'est-ce qu'on sait de la vie d'un couple sur un bateau ? Je n'ai jamais rien lu d'écrit à ce sujet ou alors de très édulcoré.

10m2 à se partager 24h/24 sans possibilité de claquer la porte et de partir faire un tour. Possible à l'escale, impossible en mer. Ce petit espace qu'on est contraint de partager et où il est difficile de conserver un territoire, peut rapidement devenir un enfer. Une sorte de huis clos où chacun par ennui ou par paresse laisse apercevoir son moi le plus intime et pas toujours très reluisant. On ne peut rien se cacher, ni l'ennui, ni le mal de mer, ni l'angoisse, ni ses problèmes gastriques. Comment rester estimable, comment rester l'aimable compagne (compagnon) dont on est tombé amoureux. Pas facile sans une certaine dose de volonté (pour soi) et de compréhension (pour l'autre). D'autant plus difficile quand la fatigue gagne.

Fermons la parenthèse.

En mer au large de la Péninsula Valdès - 26 décembre 2007

Toute la journée dans la purée de pois. Une humidité telle qu'il aurait fallut des branchies pour respirer cette eau en suspension.

En mer 27 décembre 2007

Plus de brouillard, grand beau soleil et nos premiers albatros. Sorte d'énormes goélands dont l'envergure peut atteindre 4 m d'une aile à l'autre (plus de la largeur maximum de notre bateau !.) Leur décollage sur l'eau calme est assez laborieux : ils déploient leurs ailes et se mettent à brasser l'air sans beaucoup d'efficacité pendant que leurs pattes battent la surface de l'eau pour donner de la vitesse et que leur courte queue en éventail assure l'assiette de l'ensemble. Quand la vitesse est suffisante (la longueur d'une piste de 747) ils décollent poussivement et là on comprend qu'ils sont remarquablement bien adaptés aux forts vents du sud Ils sont lourds, puissants, le corps taillé en obus et leurs ailes ressemblent à un delta-plane. Autant dire que s'ils se posent sur le pont du bateau, ils n'ont aucune chance de reprendre les airs.  Ce sont les Jumbo-Jet de la gente aérienne, une fois en l'air, c'est du billard, le tout c'est d'y arriver !

En mer - 28 décembre 2007

Nuit agitée et pleine de stress, moteur calé deux fois. Jean bricole un raccourci qui va du réservoir principal directement au moteur pour court-circuiter le réservoir en charge qu'il soupçonne de contenir des impuretés liées à l'étanchéité que Gérard et lui ont effectuée à Mar Del Plata. Résultat : les deux premiers quarts passés dans le gas-oil, les clefs à molettes et autres clefs plates. Ensuite pour dormir, ce fut un peu difficile pour cause de taux d'adrénaline trop important.

Lendemain matin, grand beau sur le golfe San Jorge et on repart au moteur avec léger vent contraire... Espérons pouvoir nous reposer avant d'affronter la suite. Pour l'instant, la météo est correcte à 5 jours, mais ici ça change tellement vite qu'on n'arrête pas de toucher du bois à chaque fois qu'on en parle. Les marins sont des gens superstitieux face aux éléments qui les dépassent.

En mer -  29 décembre 2007

Passé toute la nuit purger le moteur pour cause de prise d'air venues d'on ne sait où. J'admire l'opiniâtreté de Jean qui, hypothèse après hypothèse, recommence, démonte, remonte autrement,etc... sans jamais se décourager.

En attendant, ce matin nous voit avec des cernes sous les yeux et du gas-oil sous les ongles.

De plus, on attend 30 noeuds de vent en sortie de golfe pour la nuit prochaine, ce qui va être sport...

 

Ce soir là, en papotant avec Pascale à la VHF pendant le quart, on remarque un splendide coucher de soleil flamboyant comme jamais on n'avait vu, on aurait dû se méfier....

 

 

En mer - 30 décembre 2007

Et ça a été sport ! Le vent s'est levé de nord et a commencé à fraîchir graduellement, on prend un ris, puis deux, puis 3. Notre vitesse était toujours de 5-6 noeuds avec un string à l'avant et un mouchoir en guise de grand voile. La mer s'est levée en même temps que le vent, rapidement ce furent des creux autour de 4 mètres, une maison de deux étages à dévaler toutes les 15 secondes. La mer nous martyrisait à grands coups d'épaule, soulevant l'arrière du bateau, le faisant virer sur la crête, rendant le pilote inefficace. Mais on continuait d'avancer.

Un avis de grand frais fût annoncé par la météo argentine alors que cela faisait 5 h qu'on se faisait bastonner ! Il faut dire que sous ces latitudes, annoncer la vrai météo aurait souvent des allures sur réalistes.

Nous avions 35 noeuds établis et des rafales à pas loin de 50... .

Et encore une nuit de fichue. Quand celui qui se repose est éjecté de la banquette toutes les trente secondes, on ne peut pas lui trouver bonne mine au réveil !

Enfin, après cette nuit particulièrement difficile, le vent s'effondre puis cale complètement, donc : moteur...qui s'arrête au bout d'une heure. Alors les yeux au milieu de la figure, Jean a ressorti les clefs plates et autres clefs à molette + un jeu de tuyaux pour un énième dépannage. C'est à midi qu'on a remis en route, puis on a pu ENFIN se reposer à tour de rôle, la tension nerveuse nous avait brisé les nerfs.

En mer - 4 janvier 2008

Ces deux derniers jours nous nous sommes mis à la cape à 70 milles au nord de Magellan pour étaler un coup de sud assez méchant et encore deux jours à se faire malmener. La fatigue s'accumule...

Grosse dérive vers la côte (à cet endroit, la côte s'incurve vers l'ouest). Les jojo sont très angoissés de voir leur bateau dériver (2-3 noeuds) plus vite que le nôtre (1,5 noeuds). On s'est beaucoup interrogés sur "comment se mettre à la cape en minimisant la dérive". Grand-voile affalée ou pas + foc à contre et barre sous le vent. ? Pas de réponse définitive dans l'immédiat.

Avons pu remettre en route hier matin avec soulagement...et anxiété car nous allons vers un nouveau coup de tabac de sud (35 noeuds annoncés, mazette on recommence) d'ici un jour 1/2. La journée du 3/1 au lieu des 20 noeuds annoncés, on a fait toute la journée au moteur... A 1h du matin, le nord se lève doucement, la nuit sur des rails au portant).

Depuis quelques jours, on ne quitte plus la veste de quart et le harnais, même pour manger. La nuit, on dort tout habillé pour gagner du temps. D'ailleurs en trois semaines, on ne pourra se laver que deux fois...

Bref, nous voilà en face du cap des vierges (embouchure de Magellan) ce matin à 9h. Sommes à 20 milles des côtes et on ne voit pas grand chose. Avons croisé deux cargos dont un d'assez près. On loffe rapidement.

Plus tard, on rencontre un forage de pétrole au milieu de rien et visiblement désaffecté très haut sur l'eau. Faut-il que les structures soient solides pour résister ainsi aux éléments.

Sinon, avons vu nos premiers manchots (de Magellan, évidemment !)

 

 

En mer - 17 h même jour

Doublons le détroit de Magellan dans une mer très formée, 11 m de marnage qui se crachent de sa gueule ouverte, contre le vent, rendant la mer chaotique. On en bave un peu pour tenir le bateau, puis la marée s'inverse. Là on reprend de la vitesse sur une mer redevenue plus calme. Un cargo, croisé peu après, nous avertit qu'un coup de nord-ouest est attendu dans la nuit avec 40 à 45 noeuds d'annoncés....

En mer - 20h même jour.

Jean part dormir. Nous filons bien avec 2 ris dans le foc, grand-voile affalée, 4-5 noeuds au bon cap. Au départ, nous avions pris la décision de réduire en début de nuit, de façon à pouvoir épargner le plus longtemps possible le sommeil...

En mer - 23 h même jour.

C'est la relève, je pars me coucher. Une demi-heure après la tempête est sur nous. Je me lève et on reprend un ris pour stabiliser le bateau.

2h du matin, avec un 1/2 ris à l'avant on fonce 5-6 noeuds, la houle de travers frappe la coque à grands coups de claques mouillées. Ça résonne, grince, gémit, frissonne, ronfle. Ernest roule d'un bord sur l'autre sous les assauts de la mer et du vent (pourquoi c'est souvent la nuit que ça arrive ?) Le petit pilote, monté sur le régulateur d'allure fait son boulot courageusement, nous épargnant d'avoir à barrer dans la froidure des 50ièmes. L'anxiété est là et le sommeil enfuit. L'éolienne que nous n'avions pas arrêtée à temps fait un bruit de cocotte-minute en folie et il est hors de question de monter en haut de son mât pour aller l'arrêter. Les loups sont sur nous qui hurlent dans les haubans. On se regarde sans parler,  mais on se comprend parfaitement : faut que ça passe. Alors, on s'enferme dans le carré en restant harnachés, l'oreille attentive et les pieds calés sur le puit de dérive. L'attente commence....

Ca durera 12h - 12h de stress maximum dont nous sortirons épuisés. Nous avons quelques avaries : notre vaillant petit pilote est en panne, les dents de la courroie rongés par les efforts pour tenir la barre, quelques manilles qui ont pété par ci par là, mais Ernest a formidablement bien résisté  Chez les Jojo, même panne de pilote, sauf qu'eux n'ont pas de pilote de rechange ce qui les oblige à barrer nuit et jour par 5° dehors. De plus, leur drisse de grand voile s'est retrouvée coincée dans les hauts pendant la tempête. Ils ont pu utiliser la balancine en remplacement, par contre impossible de monter plus d'un ris, donc avance lente...

En mer - 6 janvier 2008 au matin

Hier, jusque tard dans la journée le vent à continué de souffler dur et tout le monde était mort de fatigue. Comme on est près de détroit de Le Maire et que l'on attend du vent de NW pour demain, il est inutile de se presser. Alors on s'est mis à la cape et on est tous allés dormir 3h. Pour la dérive, pas de problème ce coup là, c'est vers le large qu'on s'en va. Inconvénient, quand on remet en route, faut regagner la route perdue pendant la cape, chaque médaille a son revers !

Pendant la nuit on s'est gentiment approchés du détroit. Après deux bons quarts de dorme chacun, ça va mieux. Plus de vent. Nous sommes à 25 milles de l'entrée et les effets du courant se font déjà sentir. La vitesse a augmenté de 2 noeuds sans changement dans le régime moteur.

 

On aperçoit enfin les premiers contreforts de la terre de feu.

 

 

Le détroit de Le Maire, c'est le raz de sein + le raz Blanchard. On ne passe qu'avec le vent ET la marée. Nous faisons donc des ronds dans l'eau en attendant la renverse. Le vent de nord forci, levant un clapot infernal face à la fin de la marée montante.

Enfin nous embouquons ce fichu détroit, 15 noeuds de vent + 4 noeuds de marée, nous le descendons à 7 noeuds, un vrai toboggan !

Une fois ses 20 milles passés, on se congratule par radio en se disant "c'est gagné"... Erreur, Eole nous réservait encore quelques tours à sa façon.

Nous passons la nuit avec un régime de vent assez faible, ça gonflait les voiles, mais ça ne faisait que ça car le courant contraire contre balançait le zéphyr et sur le GPS on voyait s'afficher 00.00 noeuds de vitesse pendant de longues minutes et l'énervement lié à la fatigue nous rendait hargneux. Nous allons faire du quasi surplace pendant encore 8 heures, malgré l'acharnement du capitaine à régler, régler, régler les voiles. Pourquoi pas de moteur ? Parce que les jojo auraient été obligés de barrer et on les sentait au bord de l'épuisement ; sous voile ils fonctionnaient avec le régulateur d'allure. La Bahia Aguirre se rapprochait beaucoup trop lentement. A 15 miles de l'arrivée, le vent se renforce N-O nous obligeant à faire une route trop sud. Ces 15 miles vont nous prendre 12 heures ; tirant des bords carrés, épuisants pour gagner quelques pouillèmes de mille à chaque virement de bord. Vers 15 h, le désespoir nous gagne, on n'avance pas et les dernières nuits sans sommeil accélèrent la dépression de chacun, pendant que la dépression qui nous passe dessus chute à 973 Mb. Du jamais vu, en tout cas pas par nous !

Pourtant, à force d'acharnement et de stratégie, nous arrivons enfin, vers 18h, à jeter l'ancre.

Toute l'adrénaline retombe et la fatigue, la faim, les courbatures reviennent comme de longs cris à qui on ne saurait donner la priorité.

Une demi-heure + tard : bateau rangé, manger puis dormir. Nuit sans vent et sans mer, Thétis s'est faite gentille pour permettre aux pauvres marins de récupérer un peu.

 

Baia Aguirre - 8 janvier 2008 au matin

Debout 5h30, il fait déjà grand jour. Petit déjeuner. Le vent se lève (y'avait longtemps !) et l'alarme de dérive d'ancre se déclenche. Le temps est gris et pluvieux, néanmoins il faut sortir car on dérape.

On replante l'ancre, marche arrière, ça tient moyennement. On redérape. On recommence, on redérape. Jean prend le mors aux dents, relève l'ancre et pendant que je fais des ronds dans l'eau, remplace l'ancre en inox par notre bonne vieille CQR et prépare un plomb de sonde avec l'ancre plate. On balance tout à l'eau et ça tiendra par 40 noeuds, la preuve en sera faite une heure plus tard, non mais !

Bienvenus en Patagonie !