Santa Catarina

 

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9 septembre 2006, 10:45 TU

Mouillage dans la baie de Moreres, au Nord de l'île de Santa Catarina. Nous sommes partis depuis un peu plus de 24h de Sao Francisco do Sul et notre destination était la baie de Pinheira, au Sud de l'île, sur le continent.

Nous n'avons pu l'atteindre car Jonathan a des problèmes de désamorçage moteur qui deviennent de plus en plus fréquents. A chaque fois, il faut arrêter le bateau, réamorcer le circuit de gazole et repartir. Si ce genre de panne arrivait au moment d'une manœuvre délicate, cela pourrait être catastrophique. Il faut donc essayer de comprendre et réparer.

On jette l'ancre dans cette baie, très rouleuse. La première chose à faire est de dormir un peu. La première nuit de quart est toujours très fatigante...

Dans l'après midi, un voilier nous interpelle. "Vous pourriez trouver un meilleur mouillage, sur le continent, au Nord de l'île"

Le lendemain matin, après un sommeil difficile, nous décidons de d'aller voir ce mouillage qui ne peut être pire que là où nous venons de passer la nuit.

 

Armaçao da Piedade

En montant vers le Nord, au petit matin nous rencontrons à nouveau notre gentil informateur, Sergio, qui vient vers nous et nous confirme que nous sommes sur le bon chemin. Il en profite pour nous indiquer un autre mouillage, plus près de la capitale, Florianopolis.

Après une heure de navigation tranquille, nous arrivons dans une petite baie bordée par un village de pêcheurs. Une chapelle très simple regarde vers le large, c'était le repère que nous avait donné Sergio.

La baie nous protège. Elle est partiellement encombrée par des barques de pêche. Le décors est reposant, de couleurs et de gros rochers. Nous descendons boire un verre en regardant nos bateaux : le meilleur moment du marin.

 

Nous passerons là quelques jours tranquilles, apprenant à connaître le village, l'épicerie, le pêcheur de moules. On y découvre même un petit parc avec une autruche, des dindons, des oies, des chèvres, toute une ménagerie !

 

Le vent de Nord ne dure que deux ou trois jours puis fait place à un vent de Sud. On traverse alors la baie et l'on va s'abriter dans une petite anse (voir les mouillages). Là, le décor change complètement. La plage longe un immense 'condominio', complètement désert puisque nous sommes encore en hiver. ces maisons de vacance entourées de barbelés ont un air sinistre sous la grisaille et la pluie qu'accompagnent toujours un vent de Sud. L'endroit est rouleur, on n'y restera que le minimum de temps avant de retourner vers Armaçao, dès que le vent change.

Au bout de deux ou trois aller-retour, on en a un peu assez. L'endroit est isolé, ce qui n'est pas pour nous déplaire, mais bien que protégé de la mer, il laisse entrer le vent du Nord par un pli de terrain et on n'est jamais tranquille.

Un jour, Jonathan, un 40 pieds en alu avec qui nous faisons route depuis les Canaries, a dérapé sur près d'un mille et a été stoppé par un pêcheur monté à bord qui a largué tout le mouillage ! Plus de peur que de mal.

 

Santo Antonio de Lisboa

Un beau matin on décide donc d'aller voir ce mouillage, coincé entre île et continent.

Les fonds sont bien faibles pour y arriver mais, après quelques tâtonnements, on a le plaisir de laisser aller l'ancre dans un endroit plutôt charmeur. Le village, bâti au pied d'une colline, conserve quelques anciennes maisons et la plus vieille église de l'île. C'est une bénédiction dans un pays comme le Brésil où l'histoire est bien trop souvent absente, délaissée, démolie...

Ici c'est toujours le même principe : il faut changer de mouillage en fonction de la direction du vent. Les distances entre les deux mouillages sont moins grandes et les deux paysages se valent. On peut aller à terre d'un côté ou de l'autre. Chaque fois il y a  bus qui permet de rejoindre la capitale de l'état, Florianopolis.

Le village a un petit centre vivant : un petit supermarché, un petit troquet pleins d'habitués qui s'exclament devant les matches de foot. Sur les hauteurs un cyber-café, une pâtisserie et même un brocanteur. De quoi bien s'occuper. Heureusement, nous passerons 59 jours en changeant de mouillage tous les deux ou trois jours.

Il y a quand même des raisons de se réjouir : les pêcheurs locaux cultivent huitres et moules. Attention, ce ne sont pas des échantillons mais des bêtes de gauchos : les huîtres sont pleines , grosses comme trois belons et laiteuses, les moules sont énormes, presque la taille d'un steack ! On en mange une fois, deux fois... puis on s'en lasse vite.

Les lumières, les couchers de soleil sont fantastiques. On approche un endroit vraiment différent de la ceinture tropicale. Ca commence à 'sentir le Sud'...

Là aussi, on n'est pas vraiment tranquille de laisser le bateau. Le vent se lève très vite et un mouillage est loin d'être une certitude.

 

Dès  que l'on décide de se promener un peu et qu'on sent le vent monter, on ne peut s'empêcher d'avoir un pincement au cœur. Combien de fois n'avons nous refoulé nos angoisses en voyant le clapot se lever à Florianopolis. Cela use bien plus que l'attente.

 

 

 

 

                               

 

Florianopolis

Peu de choses à dire sur cette grande ville. Nous, on n'aime pas les grandes villes. Malgré tout, pour le standard brésilien, celle-ci a un certain charme. Un rideau de buildings tout au long de la baie, bien sûr, mais aussi quelques "vieilles" pierres que l'on a su marier agréablement avec le reste de la cité.

Surtout, il s'agit d'une ville qui bouge avec beaucoup d'activités publiques : chants, jongleurs, cascades etc.

Le marché aux poissons est superbe et les places avoisinantes toujours grouillantes de monde. Au moins au printemps, lorsque nous y étions.

 

Solidao

Un jour, Eduardo et Marcia, un couple charmant rencontré à Florianopolis, nous disent : " Demain c'est congé, on vient vous chercher et on vous amène à la plage. "

" Curieux, pense-t-on, aller à la plage alors qu'ils habitent  juste au bord de la mer et nous dessus ! On verra bien et nous acceptons.

Le lendemain, à l'heure dite, le pickup d'Eduardo est là et nous nous entassons pour un voyage vers l'inconnu.

Après une bonne demi-heure de route, Edouardo nous arrête devant l'entrée d'un chemin de terre qui serpente le long d'une falaise. Il faut souligner qu'au Brésil les chemins pour se promener n'existent pas. S'il y a un chemin, c'est qu'il y a une maison au bout et probablement pas de jolis points de vue d'ici là.

Celui-ci n'échappe pas à la règle mais nous offre des points de vue superbe, nous fait traverser une forêt dont la fraîcheur est un délice. Nous nous arrêterons sur une plage déserte, bordée de rochers et battues par les rouleaux de l'Atlantique. Cet endroit, situé à l'extrême SE de l'île est vraiment charmeur.

Nous y déjeunerons dans une petite guinguette de trois tables surplombant l'océan.

Au retour, Eduardo nous montrera quelques bons coins du centre et du SW de l'île que nous n'aurions pas pu découvrir seuls. Merci Eduardo et Marcia, vous avez, en quelques rencontres chaleureuses, balayé la mauvaise impression que nous avaient faite les Brésiliens !

 

 

 

                               

 

 

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