L'Uruguay tranquille

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RIO DE LA PLATA

 

28 novembre 2006 - 11 heures du matin

Le Rio de la Plata, ce vaste estuaire, cette fracture dans le ventre de l’Amérique du Sud est devant nous.

220km de large à l’embouchure, à ma droite l’Uruguay, à ma gauche l’Argentine.

Nous y sommes après une semaine de traversée et 75 jours d’attente d’une bonne fenêtre météo.

Une troupe d'otaries nous souhaite la bienvenue en batifolant autour du bateau, on y voit comme de  bons augures.

 

PUNTA DEL ESTE

 

Atterrissage côté Uruguay, à Punta Del Este. Dans le port, pas de ponton et joyeux mélange entre voiliers Argentins et pêcheurs locaux. On aperçoit quelques building, mais beaucoup moins nombreux que dans les  villes du Brésil. On s'amarre à un corps mort et l'annexe mise à l'eau, nous voilà partis pour les formalités d'usage.

Soudain, un corps noir, long et palmé plonge à quelques mètres, puis le long du franc bord de l'annexe on voit émerger un muffle, deux grands yeux noirs et une crinière touffue : un lion de mer...

Comme des fous, on sort l'appareil photo et on mitraille à tout va, émerveillés de voir en vrai ce que jusqu'ici nous n'avions vu que sur le papier.  C'est un grand mâle, installé dans le port avec son harem et qui trouve une source de nourriture abondante auprès des pêcheurs qui dépouillent leurs poissons sur le bord des quais.

Par la suite, on s'apercevra que cet animal se laisse prendre en photo avec la complaisance condescendante d'un mafioso rangé des voitures !

Visite de la ville avec repérage des commodités, banque (faut se mettre dans la nouvelle monnaie), lavanderia (pas question de laver son linge dans le port), supermarchés où l'on constate que les prix sont plus élevés qu'au Brésil, quand on sait que 25 à 30% de la population vit sous le seuil de la pauvreté, on se demande comment ils font. Il faut dire quand même que Punta del Este est LA ville balnéaire des Argentins friqués ce qui explique sûrement l'abondance de magasins chics, de restaurants classieux, etc..

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D'autre part, inutile de chercher à tirer de l'argent dans les distributeurs un samedi, tout le monde à fait le plein et ils sont vides !

Pour faire une pause et récupérer, c'est une bonne étape.

 

 

 

Port de Punta    Uruguayen   Attention aux "bukebus"   Punta Colorada

 Tamaris dans le vent

 

BUCEO

Petit port partiellement naturel, bordé de caillasses acérées. Le guide disait 110 places. Toutes occupées lorsque nous sommes arrivés. Nous avons été obligés de jeter l'ancre face à l'entrée ouverte au sud-est, nous n'avons pas quitté le bateau et sommes repartis le lendemain matin sans rien voir de Montevideo que nous espérions visiter. On le fera plus tard...à pieds.

 

COLONIA DEL SACRAMENTO

Partis de Buceo vers midi, nous sommes arrivés vers 15h le lendemain à Colonia. Super navigation dans le Rio, toute la journée au portant, un rêve !

Une fois disparus les habitations de Punta Del Este, les rives sont plates et désertes seulement occupées par la végétation qui sait vivre dans les eaux partiellement saumâtres et de plus en plus douce au fur et à mesure de la remontée. Ca sent la terre et des effluves de fleurs/fruits (?) nous ravissent les narines. On respire la campagne à pleins poumons, ravis d'échapper à la ville et à son béton-bitume. Le ciel est d'un bleu limpide et le Rio de la Plata marron-caramel.

Le limon, apporté par tous les rios qui se jettent dans l'estuaire colore la Plata jusqu'à l'embouchure, on a l'impression de naviguer dans une soupe de légumes bien épaisse.

Nous sommes arrivés à Colonia le vendredi 8 décembre au matin, et nous nous sommes amarrés à un coffre au milieu du port. Il y avait l'embarras du choix, le port était quasiment vide.

Coup de bol, car dès l'après-midi, les argentins déboulèrent en masse de Buenos-Aires pour passer le week-end. Et ce fut un étourdissant ballet de voiliers qui zigzaguent pour trouver une place. Ils arrivent sans avoir rien préparé sur le bateau, pas d'aussière prête pour l'amarrage, personne à l'avant.

 

Nous assistons, rigolards,  à des scènes cocasses : un bateau se pointe, un homme à la barre, une femme à côté de lui. Comme ils ratent le coffre, madame empoigne l'aussière située à l'arrière et cours à l'avant pour la passer à un représentant de la police maritime venu en dinguy les aider. D'Ernest, nous apercevons l'aussière qui se détache du taquet arrière (le noeud devait être mal fait), madame qui ne s'est aperçue de rien balance l'ensemble du paquet de nouilles dans le dinguy qui, déséquilibré, manque de se retourner. Bon, maintenant toute l'amarre est DANS le dinguy et PLUS sur le bateau, faut recommencer. Et des scènes comme ça nous en verront quelques-unes...

 

 

Une fois à terre, nous découvrons une ville pleine de charme, la vieille ville est remarquablement conservée par les habitants visiblement attachés à leur patrimoine.

 

 

Ici, le temps semble arrêté ; les maisons sont identiques à ce qu'elles devaient être il y a cent ans.

 

 

 

Peu de voitures dans les rues, forcément sur 3 millions d'habitants, 2 millions habitent Montevideo et le pays est grand comme un tiers de la France  

 

 

 

Tout vit au ralenti. Les gens marchent doucement, sourient, s'arrêtent pour bavarder, boivent une gorgée de maté, repartent. On y ressent une grande douceur de vivre.

 

 

 

 

Le vol et le vandalisme ne semblent pas faire partie des coutumes locales, les vélos ne sont pas cadenassés, les bateaux restent ouverts pendant l'absence du propriétaire et on peut entrer dans les magasins avec son sac à dos sans se faire soupçonner d'un hypothétique chapardage. Que c'est reposant !

 

 

 

 

Et les voitures (qui roulent), dont certaines semblent sorties d'un film de gangsters des années 20, donnent à l'ensemble un certain goût de passé nostalgique d'une époque faste et révolue ; maintenant la ville semble doucement s'endormir sur ses vestiges....

 

A part ça, ici c'est vraiment le pays du vent. Pas un jour sans. De plus, il s'installe autour de 20 noeuds dans un claquement de doigts. Un jour, de retour de ballade on voyait l'orage qui se rapprochait. On rentre vite fait au bateau et la tempête s'installe. Cette nuit là nous avons essuyé des rafales à 58 noeuds pendant deux heures,puis le vent s'est stabilisé à 40 noeuds jusqu'au milieu de la matinée suivante. Le corps mort à tenu, mais nous avions les nerfs brisés lorsque cela s'est calmé. Jamais en 4 ans de nav, nous n'avions assisté à une telle fureur déchaînée... Et dans un port en plus !

 

Par contre, les couchers de soleil nous émerveillent tous les soirs, même s'il y a du vent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

MONTEVIDEO

Comme nous l'avions manqué en bateau, nous sommes partis un matin de bonne heure et en bus pour la capitale.

180 km de quatre voies où nous avons dû croiser 10/12 voitures,  ils ont de la place les uruguayos : 16 habitants au km2, sachant que les deux tiers habitent Montevideo ; ça fait pas beaucoup de monde dans les campagnes !

Montevideo, nous voilà !

Peu d'édifices élevés genre building-béton, de larges avenues où les voitures s'arrêtent gentiment pour laisser passer les piétons , des immeubles un peu "mussoliniens", des places ombragées coupent les avenues (et c'est drôlement bien quand il fait chaud et qu'on a beaucoup marché).

 

 

 

 

 

Tiens, en parlant de marchés, il y en a un peu partout et pas seulement de nourriture, mais aussi de tout et de rien, de jolis objets aussi bien que des copies de CD, des bijoux de pacotille et des pierres semi-précieuses, de la vaisselle ancienne et des boites plastiques... Faut fouiller !

 

 

 

Des hippies new wave (vu leur âge !) font étalage de leurs fabrications artisanales, comme partout dans le monde....  

 

 

 

Et puis des musiciens à tous les coins de rue...

 

 

Auparavant, l'Uruguay possédait un vaste réseau de voies ferrées, mais pour une raison que j'ignore, celui-ci a disparu ; mais par-ci, par-là, on retrouve des wagons recyclés en fast-food à "chivitos" (mac do local) ou en jouet grandeur nature pour grands enfants !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Allez, je ne résiste pas à l'envie de vous refaire le coup des voitures anciennes (on en voit partout !)

 

PAYSANDU

Ce fut une excursion de deux jours pour "aller voir" l'intérieur du pays. Un peu décevant.

Le paysage est vert, vallonné, une alternance de prairies et de champs cultivés. De temps en temps des routes qui conduisent à d'immenses haciendas. Des troupeaux de boeufs, des chevaux de toute beauté, des moutons égayent le paysage.

Les villes sont petites, les banlieues sont pauvres et, d'un point de vue général, le pays ne respire pas la richesse. D'énormes erreurs de gestion de l'économie du pays sont passées par là...

Paysandu est une grosse bourgade de province dépourvue d'authenticité. Les rue Nord-Sud Est-Ouest s'y coupent à angle droit. Les points d'intérêt qu'indique le guide, uruguayen, n'en ont aucun et les magasins sont ceux que l'on devait trouver dans une bourgade équivalente chez nous il y a quelques dizaines d'années. Exception faite bien sûr des magasins de portables, d'électronique et des supermarchés.

La vie, à l'image du reste du pays, y est tranquille et sans à coup. Mais il n'est pas utile de faire près de 400 km pour voir cela.

 

 

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